Les dix commandements de la bonne consultation des manuscrits

(de l’IRHT)

Le manuscrit est un objet unique, fragile et vénérable. Comme tout livre, il souffre d’une consultation fréquente ou menée sans précaution — pensez, par exemple, à votre dictionnaire, à votre annuaire ou à votre agenda. Les consignes suivantes s’appliquent autant aux livres imprimés qu’aux manuscrits.

À noter. Les commandements précédés d’un astérisque (*) étaient déjà préconisés au Moyen Âge.

  1. Préparer la consultation. Avant de consulter le manuscrit, utiliser autant que possible le microfilm ou les photographies pour établir votre relevé, votre transcription ou votre description. Consulter également les références bibliographiques et vérifier s’il n’existe pas déjà de notices détaillées du manuscrit. Sur place, ne pas hésiter à prendre vos propres photographies en cas de besoin, ce que les institutions permettent de plus en plus — mais penser à vous en assurer au préalable.
  2. * Consulter avec les mains propres. Certaines bibliothèques exigent le port de gants, mais leur usage est généralement proscrit de nos jours, car ils peuvent présenter plus d’inconvénients que d’avantages : abrasion des matériaux, perte de sensibilité et moindre habileté dans la manipulation.
  3. * Utiliser uniquement un crayon pour prendre des notes. Les taches d’encre moderne sont indélébiles. Poser le crayon avant de tourner un feuillet.
  4. * Consulter le livre sur un pupitre ou à plat sur un bureau. Soutenir l’ouverture sans la forcer. Manipuler avec soin les reliures anciennes : ouvrir et fermer le livre doucement. Ne jamais poser un livre sur un autre livre ouvert.
  5. * Tourner les feuillets doucement, un à un, entre le pouce et l’index, depuis le coin inférieur.
  6. * Ne jamais toucher la surface enluminée ou écrite, même avec une règle. Pour suivre un texte ligne à ligne, utiliser une feuille de papier A4 pliée en deux.
  7. * Ne jamais approcher le visage trop près du manuscrit. Le parchemin réagit fortement aux changements d’humidité causés par un éternuement, des postillons ou même l’haleine. Il est donc déconseillé de parler à proximité d’un manuscrit.
  8. Demander l’aide d’un conservateur pour relever les filigranes ou collationner les cahiers d’un manuscrit dont la reliure est serrée ou en mauvais état. Aucune étude, édition ou information n’est plus importante que la conservation du manuscrit.
  9. * Fermer le livre si vous faites une pause ou si vous vous absentez de votre place.
  10. Déposer un exemplaire — ou du moins une copie — de votre publication à la bibliothèque qui conserve le ou les manuscrits que vous avez consultés, dans les cas de plus en plus rares où vous en obtenez un exemplaire sur papier.